Autrefois surnommé Lane Xang, ou “Pays du million d’éléphants”, la République Démocratique Populaire Lao hébergeait historiquement de grandes populations d’éléphants sauvages et domestiques. Icônes vivantes porteuses d’une symbolique très forte , les éléphants sont des animaux chers aux cœurs de tous les habitants du Laos. Malheureusement, si le taux de mortalité continue à augmenter, l’éléphant va disparaître dans un proche avenir.

Aujourd’hui, la population se situe à environ 400 éléphants sauvages. La survie de l’espèce à l’état sauvage est gravement menacée par la perte de son habitat naturel (expansion agricole, développement de l’industrie forestière et de l’infrastructure industrielle (barrages, routes)) et à un degré moindre, par le braconnage pour l’ivoire ou l’exportation illégale des animaux. La concurrence pour l’espace conduit à des conflits croissants entre les éléphants et les hommes.

Le Laos a environ 450 éléphants domestiqués. La plupart d’entre eux sont engagés dans des opérations de bûcheronnage et contribuent donc paradoxalement à la destruction de leur propre habitat. Les éléphants contribuent par leur travail à l’économie nationale et une communauté d’environ 9000 personnes vit directement des revenus générés par leur labeur.

Traditionnellement, les populations d’éléphants sauvages étaient capturées et domestiquées. Depuis que la capture a été interdite par le gouvernement, la population d’éléphants domestiques a chuté. Avec une augmentation de la demande d’éléphants par l’industrie forestière, les animaux sont mis au travail à des cadences effrénées. Ils sont surchargés de travail et épuisés, et par conséquent ne peuvent pas se reproduire.

Les données recueillies et analysées au Laos montrent que le taux de reproduction des éléphants est extrêmement faible. La population est de plus en plus moribonde, avec des éléphants ayant une moyenne d’âge de plus en plus élevée. Avec seulement une quarantaine de femelles âgées de moins de 20 ans («le réservoir génétique» du pays) l’avenir des éléphants domestiqués du Laos est lui aussi incertain.

Il y a donc un besoin urgent de protéger les éléphants restants et de créer un programme d’élevage.

Si le Laos veut maintenir une population stable et éviter l’extinction de ses éléphants, le nombre de naissances doit augmenter de façon spectaculaire. Cela permettra d’assurer la survie de la population domestique nationale et de réduire la pression sur la population sauvage. Il est également important d’accompagner la  reconversion des éléphants vers des activités alternatives économiquement viables, telles que l’éco-tourisme ou la gestion des réserves naturelles. L’utilisation d’éléphants domestiqués est une tradition au Laos, et un atout pour contribuer à la protection de l’habitat, en créant par exemple des patrouilles de gardes forestiers montés à dos d’éléphant.

Il est urgent d’assurer la protection des populations d’éléphants sauvages dans le Parc Naturel de Nam Pouy, dans la province de Sayaboury. La zone protégée a été identifiée comme une zone de conservation prioritaire pour les éléphants sauvages par le gouvernement du Laos.