Nombreux sont les fils de cornacs qui reçoivent aujourd’hui une meilleure éducation que leurs parents, et avec une couverture forestière en constante diminution, le travail difficile et exigeant de cornac fait de moins en moins d’adeptes chez les jeunes. Il est par conséquent crucial de former une nouvelle génération de cornacs ayant des connaissances et des capacités qui leur permettent de continuer à travailler avec leur éléphant sans pour autant travailler dans l’industrie du bois.3_mahouts

Former des cornacs – guides touristiques est une alternative très prometteuse qui permettra de garder cette profession bien vivante et qui assurera en même temps un avenir plus agréable aux éléphants domestiques du Laos.  Travailler pour des compagnies de débardage en forêt n’est plus attractif pour les jeunes cornacs ; le tourisme peut leur offrir de meilleures opportunités.

Posséder un éléphant est une affaire de famille, et chaque éléphant a en moyenne 3,6 propriétaires. Les familles dans la province de Sayaboury comptent en moyenne 6 personnes, il y a donc des milliers de personnes qui vivent directement des revenus générés par les éléphants. Les traditions au Laos se transmettent oralement d’une génération à l’autre. Afin d’éviter de perdre tous ces savoirs après la disparition des plus vieux cornacs, il est crucial de créer un lieu dans lequel ces traditions orales peuvent être collectées, enregistrées, conservées er transmises aux nouvelles générations de cornacs.

L’établissement d’une école de cornacs au Centre de Conservation des Eléphants permet à des siècles de traditions d’être sauvegardées et partagées avec les futures générations. Cela permet aux jeunes cornacs de bénéficier du savoir des membres les plus expérimentés de la communauté. Par ailleurs, les cours d’anglais dispensés aux cornacs leur permettent de pouvoir communiquer et converser avec leurs clients, rendant ainsi leur quotidien plus intéressant.

L’idée de cette école de cornacs vient directement de leur communauté. Ils demandent un soutien afin de pouvoir trouver de nouveaux moyens de générer des revenus avec leurs éléphants, très conscients du risque d’extinction qui pèse sur leur animal et par conséquent sur leur métier.

Donner les outils nécessaires aux jeunes cornacs pour pouvoir étudier permet de rassembler et d’attirer dans cette voie de jeunes cornacs enthousiastes, qui seront, à leur sortie de l’école, potentiellement embauchés dans l’industrie du tourisme.

Aujourd’hui, les cornacs n’ont pas une image positive d’eux-mêmes. Ils sont souvent considérés comme des “conducteurs d’éléphants” alors qu’ils possèdent en réalité un savoir immense et riche sur les forêts laotiennes et les éléphants. Sans la barrière de la langue, les cornacs peuvent devenir d’excellents guides touristiques et augmenter leurs revenus de manière substantielle. Cela leur permet aussi de rester vivre à la campagne avec leurs familles et de créer un nouveau dynamisme dans ces régions rurales isolées.