Les éléphants ont travaillé aux côtés de l’homme depuis des milliers d’années. L’art ancestral du cornaquage porte en lui des siècles de confiance, d’habileté, de force et de bonté entre hommes et éléphants. Les éléphants domestiques du Laos sont traités comme des membres de la famille et travaillent avec les humains depuis la nuit des temps.

Malheureusement la population d’éléphants en captivité est en déclin. Il ne reste plus au Laos que 450 éléphants. La modernité et la recherche d’un gain financier rapide ont eu raison de la relation intime qui existait entre l’homme et cet animal majestueux. Les éléphants et leurs cornacs doivent à présent travailler sept jours par semaine pour gagner leur vie. Les éléphants sont principalement utilisés dans l’industrie forestière, un travail très dur et dangereux. Les éléphants sont trop fatigués pour se reproduire et peuvent même mourir d’accidents sur les chantiers forestiers.

La fertilité des femelles est en chute libre. Il est en effet très important qu’une femelle se reproduise au moins une fois au cours de ses trente premières années pour que sa fertilité ne soit pas compromise. Peu de cornacs peuvent se permettre d’arrêter de travailler pendant les deux ans de gestation nécessaire à la naissance d’un éléphanteau, puis encore 2 à 3 ans avant que le petit soit parfaitement viable et sevré. 4 ans sans revenu est un choix difficile à faire pour un propriétaire d’éléphant et sa famille.

Tous ces facteurs font que la naissance d’un petit éléphant au Laos est un événement rare. Le Centre de Conservation de l’Eléphant permet aux propriétaires de femelles enceintes de se joindre à son programme d’incitation à la naissance pendant la grossesse et pendant les 2-3 ans qui suivent. Notre programme soutient la reproduction des éléphants tout en offrant aux cornacs un emploi rémunéré.

Dans le contexte économique de “l’exploitation forestière”, les cornacs ne sont pas prêts à reproduire leurs éléphants puisqu’ils devraient cesser toute activité jusqu’au sevrage. Sans travail, pas de revenu, ce qui est impossible pour les communautés rurales lao. Un éléphanteau dans ce même contexte est une charge pour ses propriétaies qui doivent attendre le 13ème anniversaire de l’animal avant qu’il puisse rapporter un revenu en tirant du bois. Grâce au programme d’incitation à la naissance du Centre de Conservation de l’Eléphant, les éléphants domestiques et leurs propriétaires se voient offrir une solution alternative. L’éco tourisme rend la naissance d’un éléphanteau économiquement acceptable pour les propriétaires, puisque le petit est source d’attraction pour les visiteurs qui viennent le voir dès ses premiers jours. Et la perception d’un salaire pendant les 4 ans d’inactivité rend la reproduction plus intéressante que dans le contexte de l’exploitation forestière. Cela devrait aider le Laos à rester un lieu privilégié pour l’élevage des éléphants.